Après Mourir et puis sauter sur son cheval (Prix Dentan 2016), David Bosc signe un recueil de quatre récits, dont certains déjà parus en revue: quatre destins, quatre époques, quatre hommes aux prises avec les remous de l’histoire.

Il y a Frédéric de Hohenstaufen ou Frédéric II, enfant-roi qui grandit dans les rues de Palerme au début du XIIIe siècle, imprégné de la culture, des langues et des savoirs de la ville arabo-normande et chérissant pour toujours les différences. Il y a Honoré de Mirabel, valet de ferme affabulateur qui a échappé enfant au tremblement de terre de Manosque, puis à la peste de 1720; il sera puni pour avoir inventé un trésor. Le maçon Miguel Samper, lui, rejoint les partisans espagnols en 1936, avant de déserter, déçu par les bassesses de ceux qui ont le pouvoir. Enfin, Denis côtoie un groupe d’anarchistes et squatteurs qui, à Marseille en 2002, se lance à l’abordage d’un bateau-restaurant.

Roi, paysan, ouvrier ou bourgeois, chacun se dresse contre l’ordre du monde et éprouve dans sa chair le refus des compromissions, entre solidarités et solitude, espoir et désenchantement. Et l’on retrouve la plume classique et tenue de David Bosc, signe esthétique d’une certaine éthique de la droiture.

 

David Bosc, Relever les déluges, Ed. Verdier, 2017, 96 pp.

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